Histoire du pétrole

                             L’ Histoire du pétrole

          I°) Chronologie


- 1859 :  première découverte du pétrole en Pennsylvanie (USA) par Edwin DRAKE et George BISSEL.


- 1873:  la famille NOBEL entreprend des recherches de pétrole dans la région de Bakou (de nos jours l’ Azerbaïdjan).


-
1882 :  T.EDISON invente l’ampoule électrique qui met en danger le développement du marché du pétrole.

- 1885 : les ROTHSCHILD développent le marché du pétrole en Russie.


- 1892 : M.SAMUEL crée la compagnie Shell dont le but est le transport du pétrole par le canal de Suez.


- 1896 : avec l’invention de l’automobile par DAIMLER et BENZ fait grandir le marché du pétrole.


- 1901-1905  : dans plusieurs états américains tels que le Texas ou la Californie du pétrole est découvert et exploité.

 


- 1910 :  boom de la production pétrolière au Mexique.

 - 1920 : accords de San Remo sur le partage de l’exploitation des ressources de l’Irak.
 
- 1924 : création de la Compagnie française des pétroles (CFP) qui deviendra TOTAL.
 
- 1927 :  boom de la production de pétrole en IRAK.
 
- 1937 :  nationalisation de l’industrie pétrolière au Mexique.
 
- 1938 :  grand développement de la production de pétrole au Koweït et en Arabie Saoudite.


- 1945 : les Etats-Unis échangent leur soutient aux saoudiens contre l’exploitation de leurs richesses pétrolière.
 
- 1951 : en Iran, nationalisation de l’industrie pétrolière par Muhammad Mossadegh et création de la National Iran Compagny (NIOC).
 
- 1953 : renversement du gouvernement de M.Mossadegh.
 
- 1956 : découverte du pétrole au Sahara et au Gabon.
Explosion de la production du pétrole en Algérie et au Nigeria.
Nationalisation de la compagnie du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser.
 
- 1959 : découverte de pétrole en Libye.
 
- 1960 : création de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) par l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït et le Venezuela.
 
- 1965 : création de l’Elf Erap en France.
 
- 1969 : début de la production de pétrole en Chine.
 
- 1973 : guerre du Kippour. Les Etats arabes décident de hausser les prix du baril pour protester contre le soutient américains aux irakiens.


PREMIER CHOC PETROLIER.


-1974: l’OPEP lève l’embargo pétrolier contre les USA le Danemark et les Pays-Bas.
Création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
 
- 1979 : la révolution iranienne provoque une perturbation des approvisionnements occidentaux en pétrole de provenance du golf Arabo-persique

DEUXIEME CHOC PETROLIER.
 

- 1980  : début des mésententes entre les Etats membre de l’OPEP, l’Irak attaque l’Iran, cette guerre va durer huit ans.
 
- 1982 : début de la baisse des prix du pétrole. L’OPEP établit des quotas de production. Ces quotas ne sont pas toujours respectés par les membres de l’OPEP.
 
- 1985 : hausse du dollars:
 
TROISIEME CHOC PETROLIER;
 
-1986 : contre-choc pétrolier: effondrement du prix du pétrole, chute à 7 dollars.
 
- 1990 : Irak envahit le Koweït ce qui cause de nouveaux problèmes dans l’alimentation en pétrole en provenance du golf Arabo-persique.
 
- 1991 : libération du Koweït par une coalition internationale menée par les USA. Dissolution de l’Union soviétique: un des plus grands producteur de pétrole au monde.
 
- 1992 : grosse baisse du prix du pétrole.
Découverte de pétrole en Amérique latine, en Syrie, en Inde et en Norvège.
 
- 1999-2000 : forte remontée des prix suite à un accord entre l’OPEP et les autres pays producteurs.
 
- 2001 : les attentats du 11 septembre aux USA fait baisser la demande et donc les prix du pétrole.
 
- 2002 : dans un contexte de grandes incertitudes sur l’Irak et le Venezuela l’OPEP freine la surproduction de pétrole.
 
- 2003-2006 : le baril de pétrole atteint les 78 dollars. Avant de rechuter à 60 dollars fin 2006.

- 2007  : à cause des niveaux de stocks bas aux USA le baril atteint le records de 80 dollars le 12 septembre puis 90 dollars le 19 octobre. 


- 2008 :  le 2 janvier le baril atteint le record de 100 dollars pour la première fois à la bourse de New-York.
Le baril franchira les 130 dollars en mai et 140 dollars en juin.


         II°) Pétroles relations internationales entre (1945 et 2003).

1°) Internationalisation et affrontements (1945-1970)

« En raison de la localisation actuelle des ressources, l’économie du pétrole paraît forcément internationale. Ce n’est pourtant pas le cas pendant de longues décennies, sinon marginalement, le principal pays producteur – les États-Unis – étant aussi le principal pays consommateur. Situation qui prévaut encore en 1945 même si, dans la première moitié du XXe siècle, s’affirment de nouveaux pôles de production pétrolière au Moyen-Orient, en Roumanie, au Mexique et au Venezuela, et si une demande croissante de pétrole se confirme en Europe occidentale. Très vite l’internationalisation s’accélère, à la faveur d’un événement symbolique : en 1947, les États-Unis deviennent définitivement importateurs nets de pétrole, une énergie pour eux essentielle qui leur apporte vitalité industrielle et puissance militaire, et dont ils maîtrisent la technologie et le savoir-faire.
 
L’internationalisation de l’économie pétrolière se renforce pendant les Trente Glorieuses en raison d’une forte hausse de la demande en Occident. Celle-ci résulte de la croissance que le bas prix du pétrole nourrit tout au long de la période, avec tout particulièrement le développement des transports et de l’industrie, qui abandonnent petit à petit le charbon. Le corollaire en est pour la plupart des pays occidentaux une dépendance de plus en plus nette de leurs économies vis-à-vis des détenteurs de la ressource pétrolière, dépendance accentuée par le rôle que celle-ci joue pour leur sécurité politique, même si de nouveaux États producteurs apparaissent : Canada, Algérie, Libye…, tandis que les pays du Moyen-Orient (Iran, Irak, Émirats arabes unis, Arabie saoudite) augmentent rapidement leurs productions de brut.
Pendant ces quelque vingt-cinq ans, les pays consommateurs essaient de garder la maîtrise du marché.


Mais la décolonisation et la question du développement mettent le pétrole au cœur des relations internationales. Plusieurs pays, intégrés jusqu’ici dans des systèmes coloniaux, se révèlent potentiellement riches en ressources

pétrolières
: Algérie, Gabon, Nigeria, Indonésie...


Les actifs des compagnies internationales sont partiellement nationalisés, les relations avec les anciennes puissances coloniales se tendent.
À l’instar des pays nouvellement indépendants, les principaux pays exportateurs, en particulier au Moyen-Orient, reprennent le contrôle de leurs ressources. Ils se heurtent parfois aux États consommateurs, qui n’hésitent pas à intervenir dans les affaires intérieures quand leurs intérêts sont en cause, comme c’est le cas après l’épisode Mossadegh en Iran en 1953. Mais la tendance à la prise de contrôle au moins de l’amont pétrolier par les pays producteurs est générale et irrésistible. Plusieurs de ces États s’associent en créant l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960.
Les pays du Moyen-Orient, largement majoritaires dans ce mouvement, appuient la cause de l’ensemble des pays arabes. Ils prennent conscience de leur poids dans le système économique mondial et apprennent à faire du pétrole une arme politique.
 

2°) Du double choc pétrolier à une plus grande coopération internationale (1970-2003)

  a) L’émergence et le renforcement du marché

Au début des années 1970, la demande de pétrole s’accroît, notamment en provenance des États-Unis où l’extraction est de plus en plus coûteuse. Ceux-ci préfèrent s’approvisionner à bas prix au Moyen-Orient. Le dollar se dévalue : les pays exportateurs s’estiment exploités. La fin de la convertibilité du dollar en or (1971) déclenche une vague de hausses des prix du pétrole et leur indexation sur un panier de monnaies.
Parallèlement, les États membres de l’OPEP affirment leur souveraineté sur leurs ressources pétrolières, tenant un discours radical (Algérie, Libye, Irak), ou souhaitant une prise de participation progressive. Les relations se durcissent au moment de la guerre de Kippour (octobre 1973). Par solidarité avec les Palestiniens, les pays arabes décident d’utiliser l’arme du pétrole et prennent les mesures suivantes : réduction du volume des exportations ; embargo total contre plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis ; quadruplement du prix du pétrole brut à 11,65 dollars ; décision unilatérale des ajustements du prix du brut, puis prise de contrôle d’au moins 51 % des concessions non encore nationalisées.

Ces mesures sèment la confusion dans le camp occidental. Les États-Unis,
après avoir envisagé de se passer du pétrole de l’OPEP,  prennent l’offensive et
suscitent la création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les pays européens, totalement dépendants, se divisent. La France, historiquement liée à de nombreux pays arabes, fait jeu à part, souhaitant renforcer le rôle de l’ONU et repenser le dialogue Nord-Sud.
Les principales victimes de cette hausse sont en fait les pays en développement, qui s’endettent auprès de la communauté internationale. La conflictualité sous-jacente s’exprime : le terrorisme extraterritorial apparaît. Dans ce contexte de déséquilibres persistants, et malgré des signes de reprise économique, la chute du Shah en 1979 entraîne le retrait du pétrole iranien, provoque le deuxième choc pétrolier et relance la hausse des prix. En réalité, il s’agit de la deuxième étape d’un double choc qui, en une petite décennie, transforme de fond en comble l’économie de la planète et favorise la mondialisation du pétrole. La hausse vertigineuse des prix du brut a pour première conséquence de rendre rentable l’exploitation de gisements moins faciles d’accès que ceux du Moyen-Orient. Elle relance l’exploration et progressivement la production en de nombreux points du globe. De nouvelles régions pétrolières s’imposent : Indonésie, Afrique, mer du Nord, Amérique latine, URSS. Il y a du pétrole rentable dans tous les continents. Dans le même temps, les compagnies internationales renforcent leur maîtrise des technologies par l’innovation, que les niveaux de prix et les enjeux politiques soutiennent.
 
Ces deux derniers facteurs favorisent également la recherche d’énergies de substitution.
 
Ainsi, assez vite, le fonctionnement international du marché et les mesures d’adaptation prises dans chaque pays consommateur permettent de « digérer » le double choc pétrolier. Les pays occidentaux font radicalement baisser l’intensité pétrolière de leur économie. Et, même si elles vivent une passe difficile, les compagnies internationales restent partiellement maîtresses du jeu, contrôlant directement ou indirectement les technologies d’exploration et de mise en valeur des gisements, la majorité des capacités mondiales de raffinage et de distribution, le transport, où elles sont actionnaires ou donneurs d’ordre.
Le contexte pétrolier des années 1980 et 1990se caractérise, au début de la période par une demande pétrolière inférieure à l’offre, ce qui provoque une tendance à la baisse des prix . Les pays de l’OCDE se fournissent prioritairement dans les pays non membres de l’OPEP, qui ne contrôle plus que 38 % de la production mondiale. (…) La faiblesse de la demande met [l’OPEP] dans une situation difficile, faisant éclater au grand jour les divergences d’objectifs de ses membres.


Est-ce à dire que le rôle du Moyen-Orient, affirmé à la période précédente, est condamné à se réduire ? Paradoxalement non. Principalement pour trois raisons. D’abord parce que la demande se redresse dans le monde entier. Ensuite parce que les perspectives à long terme révèlent le besoin d’un surplus d’offre qui nécessite des capitaux alors que le monde a d’autres priorités. Et, dans cette optique, le Moyen-Orient, parce qu’il dispose de réserves importantes exploitables à des coûts très inférieurs à ceux des autres régions pétrolières, occupe une place privilégiée. C’est pourquoi la communauté internationale, se souciant de plus en plus du libre accès de tous aux ressources pétrolières de la planète, ne peut s’en désintéresser. Cet intérêt justifie la guerre du Golfe en 1991 Elle explique aussi les mesures prises par les États-Unis pour imposer de sévères restrictions aux relations commerciales avec la Libye et l’Iran, en rétorsion de leur appui au terrorisme international.
 
Parce que le Moyen-Orient peut toujours être le lieu de conflits armés, la consolidation des autres régions pétrolières reste néanmoins un objectif partagé par la communauté internationale. Les recherches y contribuent dans le golfe de Guinée, dans le golfe du Mexique, en mer Caspienne, au Brésil, en Australie. Dans le même temps, plusieurs compagnies se lancent dans l’exploitation des pétroles non conventionnels : bruts lourds de l’Orénoque, bitumes de l’Athabasca. Enfin, la Russie remet en état ses installations pétrolières, rejoignant le niveau de production de l’Arabie saoudite. La diversification géographique de la production reste donc d’actualité cependant que la croissance accélérée de zones de consommation peu dotées en pétrole se poursuit. Le développement économique de la Chine, de l’Inde, des pays du Sud-Est asiatique accentue le déséquilibre entre hémisphère Nord et hémisphère Sud et complique la dépendance interrégionale.
 
Face à elle, la communauté internationale multiplie les instruments lui permettant de réduire le risque que cette dépendance peut faire courir aux approvisionnements. Tout d’abord, les pays exportateurs deviennent eux-mêmes dépendants des pays consommateurs pour le financement de leur industrie, leur armement et surtout des produits de première nécessité (denrées alimentaires, médicaments), ce qui limite le risque de réduction unilatérale des exportations. En outre, les compagnies internationales ont su revenir dans le jeu, s’imposant comme partenaires indispensables, seules capables d’assumer le risque industriel et financier et d’apporter capitaux et technologies, de plus en plus souvent d’ailleurs en s’associant. Enfin, les États ont mis en œuvre les moyens de contrôler le fonctionnement du transport maritime et d’assurer la liberté

de
circulation sur les routes et dans les détroits internationaux. 



          III°) Glossaire:

Agence internationale de l’énergie (AIE):
Fondée en 1974 après le premier choc pétrolier son siège est à Paris. Composée de 26 pays membres, son but est de coordonner leurs politiques énergétiques et de gérer l’approvisionnement en pétrole.
 
Baril:
unité de mesure des volumes de pétrole.
1
baril = 159 litres.
1 tonne = 7.3 barils.
 
Panier OPEP: 
prix de référence de l’ OPEP.
 

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